Karma
Bavardages

Karma

Bon, elle vient quand ma récompense karmique ? Parce que quand je me suis acheté ce truc encombrant qu’on appelle une morale, j’espérais bien en tirer quelques avantages vois-tu. En lieu et place, je me trimbale ce boulet qui n’est que source de frustration.

Oh ça, quand tu fais un truc de travers, la punition tombe à une vitesse ! Mais quand tu fais LA bonne action qui te fais te demander après coup : « mais pourquoi ?!!! » (tellement t’en chie), le petit cadeau astral qui ferait plaisir, lui, il se fait attendre. Tu comptes me l’envoyer quand je serai toute desséchée, limite morte ? C’est que je comptais profiter un peu de la vie moi !

Si ça continue, je vais la foutre au placard cette foutue morale !

Mais j’ai quand même la trouille de la punition finale… Putain de Karma.

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Efffacer
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Effacer

J’ai supprimé ce billet où je me mettais à nu. J’ai supprimé ce qui n’aurait pas dû être écrit. J’ai supprimé ce que j’aurais dû me contenter de dire à cette sœur qui saura oublier.

J’ai supprimé ce billet, pour effacer ce que je ressens et ne veux plus ressentir. J’ai tenté d’effacer ce que je n’ai pas dit. J’ai tenté d’effacer ce que je nie. Effacer que je m’acharne à me mentir.

Delete. Delete. Delete. Delete. Delete. Delete. Delete. Delete. Delete. Delete. Delete. Delete. Delete. Delete. Delete. Delete. Delete. Delete. Delete. Delete. Delete. Delete. Delete.

Appuyer frénétiquement sur une touche et effacer. Mais ça ne part pas. Cette chose ne veut pas sortir de moi.

Et moi, tout ce que voulais, c’était pouvoir effacer.

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Grand-Bassin
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A la piscine #3 : Et s’il ne suffisait pas de vouloir ?

Ma volonté est toujours intacte. Je veux être un jour à l’aise dans le grand bassin et y nager dans n’importe quel couloir, sans crainte inhérente à la profondeur ou à la présence des autres nageurs.

Pourtant, après de beaux progrès, voilà que la peur reprend le dessus, anéantissant tous mes efforts. D’accord, j’ai basculé en arrière il y a quelques semaines. D’accord, j’ai eu la trouille. D’accord, je me suis débattue. Mais pas longtemps. J’ai un super prof qui est toujours avec moi dans l’eau (pour l’instant) et qui sait quand je vais me rattraper seule et quand il faut me venir en aide sans attendre. Jamais il n’a trahi ma confiance et je sais qu’il ne le fera pas.

Depuis cet incident, je n’arrive plus à lâcher le bord et à tenter quelques brasses. Pire, encore : ce samedi, j’ai ressenti une peur intense en visualisant le fond. Je n’avais plus éprouvé ça ces derniers temps. Je n’ai rien dit. Je suis descendue et la conversation qui s’est engagée avec mon professeur a détourné mon attention.

Je ne suis arrivée à rien cette fois encore et je suis repartie frustrée, triste et en colère contre moi-même. Mon professeur reste encourageant et motivant, mais j’ai peur de le décevoir lui aussi et qu’il finisse pas devoir acheter un dictionnaire des synonymes pour pouvoir encore trouver les mots pour positiver.

Et si je ne parvenais pas à atteindre mon but ? Quand la peur ne me paralyse pas, elle me transforme en crampe géante. Orteils, pieds entiers, mollets, cuisses, muscle après muscle, tout le bas de mon corps se refuse à l’effort.

Mais plus que décevoir mon Maître-Nageur, la personne que je ne veux pas et ne peux pas décevoir, c’est moi. Je me dois cette victoire. J’ai besoin de cette réussite. Je veux gagner contre mon inconscient, au moins cette fois…

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